Révolution Russe

Ce n’est pas un scoop, la plupart des Aicubien(ne)s sont branchés foot. Il suffit de venir entre 13 et 14 pour assister à des joutes FIFA endiablées et le Mondial russe qui approche ne risque pas d’atténuer cette tradition. Comme avant tout Mondial, chaque fan en puissance commence à jauger les forces en présence et à guetter les « affiches » qui s’annoncent. France/Brésil en quart, Argentine/Espagne en 1/8e… Il y en a une qui a déjà fait parler d’elle : l’affiche « officielle » de l’événement.

Depuis le début des 2000, les agences de com. sollicitées pour l’occasion nous avaient plutôt habitué à des formes enfantines, toutes en rondeurs, étoiles ou silhouettes plus ou moins humaines se donnant la main, avec ici où là un grand sourire rassurant, sorte d’immense farandole des peuples et des continents. La palette colorimétrique étant bien-sûr dans le même tempo, avec ces explosions de jaune vif, de bleu, de rouge et de vert ! Il suffit de jeter un oeil aux opus « Allemagne 2006 », « Afrique du Sud 2010 » ou « Brésil 2014 » pour s’en convaincre.

Quand soudain…

Cette fois, le pays organisateur a décidé de casser ces codes et de rendre hommage au Constructivisme autant qu’au légendaire gardien soviétique Lev Yachine (qui est à ce jour le seul à ce poste à avoir obtenu le Ballon d’or). En s’appuyant sur sa gloire nationale décédée en 1990 à 60 ans, la Russie fait le pari d’une affiche « rétro » avec un style qui colle parfaitement à celui de son identité. Bien joué ! Le résultat est on ne peut plus graphique et, d’une certaine manière, replace le football au centre de la carte. «Le style des affiches soviétiques post-constructivistes des années 20 et 30, leur langage visuel très particulier, cette nouvelle poésie des images figuratives constituent l’un des éléments les plus importants et les plus appréciés de la culture russe», a de son côté expliqué Igor Gurovich, l’auteur qui rend ici un bel hommages à l’héritage de son pays.

La Russie, et l’URSS avant elle, a toujours été une terre de design. Avec cette affiche, elle prouve encore qu’elle tient son rang (à défaut d’autre chose) et envoie un message clair : retour aux basiques. Le temps de quelques semaines. Le temps d’adoucir les mœurs autour d’une boule de cuir.

Un article de Guillaume Boitelle (Directeur Artistique / So-youz)

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