Comment un employeur perçoit-il une formation via un MOOC sur le CV d’un candidat ?

Cet aspect est encore mitigé. Il y a deux écoles : ceux qui voient la participation à ce type de formation comme un signe fort, démontrant un engagement du candidat, une volonté d’acquérir de nouvelles compétences transverses et une forte autonomie.

D’autres recruteurs préféreront cependant un candidat sortant d’une grande école de commerce ou d’ingénieurs n’ayant jamais suivi un MOOC face à un candidat venant d’une école moins connue mais ayant suivi une dizaine de MOOC d’HEC ou d’Harvard.

Outre-Atlantique, 73% des employeurs américains ont une opinion favorable vis-à-vis des MOOC. Ce chiffre est issu d’une étude réalisée par Duke University et RTI International auprès de 400 recruteurs. Dans une interview donnée à l’Université de Pennsylvanie, Daphné KOLLER (co-fondatrice de COURSERA) affirme que 70% des participants qui ont réussi à obtenir des crédits via COURSERA l’indiquent sur leurs profils LinkedIn.

Après avoir discuté avec un DRH d’une SSII, si l’occasion d’avoir le choix entre deux candidats qui ont le même diplôme mais qu’un seul d’entre eux a pris l’initiative de suivre quelques MOOC issus de grands établissements, il se pourrait que ce dernier trouve grâce à ses yeux pour ne pas s’être limité à des cours dits traditionnels mais au contraire être allé « plus loin ».

Par ailleurs, les MOOC, qui permettent d’acquérir des compétences techniques avec une compétence certifiée sont très appréciés par les employeurs car les compétences dites plus opérationnelles et moins académiques peuvent être vérifiées à la fin d’un cours. Toutefois, il n’existe pas à ce jour de données statistiques pour corroborer ces affirmations.

 

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Comment explique-t-on un tel engouement pour les MOOC aux États-Unis contrairement à la France ?

On peut en premier lieu mentionner le coût très élevé des droits d’inscription en université, qui limitent l’accès à un petit nombre de personnes. D’après un article paru dans le Figaro étudiant, il faudrait compter environ 10 000 dollars pour s’inscrire dans une université publique et entre 40 000 à 60 000 dollars dans une université privée. La dette moyenne d’un étudiant s’élève à 35 000 dollars et les prêts étudiants sont calculés de façon à ce qu’il soit remboursé en 10 ans.

Cependant, avec la crise économique et la difficulté pour les jeunes fraîchement diplômés de trouver un emploi à la hauteur de leur niveau d’étude, ils mettent environ 30 ans à venir à bout de leurs prêts. La dette étudiante globale aux USA pèse ainsi plus de 1069 milliards de dollars. De plus, les États-Unis sont le seul pays où le nombre de diplômés a diminué depuis 30 ans et par ailleurs, une estimation indique qu’il manquerait 8 millions de personnes qualifiées à l’horizon 2020.

L’amélioration de la rentabilité des universités passe donc par une massification de l‘enseignement. Selon une étude américaine réalisée par Babson Survey Research Group en janvier 2014 seulement 23% des universités américaines pensent que les MOOC ont un avenir à long terme contre 28% en 2012,

« Only 23 percent of academic leaders believe that MOOCs represent a sustainable method for offering online courses, down from 28 percent in 2012. »

 

Ce qu’il faut retenir

En résumé, un MOOC c’est une initiative disruptive qui a fait naître une nouvelle économie numérique, un nouveau service éducatif. C’est un enseignement interactif disponible sur multi-device. C’est une fenêtre ouverte sur les amphithéâtres des meilleures universités du monde entier.

 

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