Comment le Design Thinking pourrait éradiquer le Chômage

En discutant avec ma femme (là, je cite Colombo) et en lui exposant toute la beauté du Design Thinking, je me suis dit que l’on pourrait (peut-être) résoudre l’épineux problème du Chômage. Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas qu’il faille le faire – c’est juste que ça serait le meilleur moyen de prouver le bien fondé et l’efficacité de cette méthode. En réalité pendant que l’on montre du doigt le Chômage, on n’a pas à résoudre d’autres problèmes tout aussi graves : éducation, émigration… Etc.

Ah, le Chômage (avec un C majuscule, s’il vous plaît), cet indicateur suprême. Celui qui nous permet d’évaluer le Bonheur du français de base. Car, on le sait depuis le premier choc pétrolier, le Français (avec un F majuscule, re-s’il vous plaît) ne pense et ne vit que par le taux du chômage (actuellement 9,6% de la population active). Au moins quatre générations d’hommes politiques (de gauche ou de droite) nous ont promis une baisse significative du nombre de chômeurs sans jamais y arriver. C’est notre « marronnier » politique même si plus personne d’un peu sensé ne s’attend à une amélioration sur ce front-là. Les chiffres sont imposants et parlent d’eux-mêmes : 3,47 millions de chômeurs. Si pour ma génération, il est presque question de drame personnel voir de déchéance (si, si) quand on en parle. Aujourd’hui, pour la génération X ou Y, le Chômage est juste un facteur que l’on intègre dans une carrière chaotique faite d’essais, de ratées et parfois… d’opportunités qu’il ne faut pas rater.

Le Design Thinking (tel que pensé par Rolf Faste) est tellement simple et tellement facile à utiliser que je me demande pourquoi nos gentils politiciens n’ont pas encore pensé à « l’utiliser ». Je sais qu’IDEO, le vaisseau amiral de la méthodologie, s’est déjà attaqué avec succès à des problèmes dits de société dans de lointaines contrées trop défavorisées pour se soucier des apparences. Car, mon dieu, faire appel à un designer pour résoudre le problème du Chômage, personne n’y avait pensé et pas sûr que ça fasse sérieux…

J’ai eu le plaisir de rencontrer, il y a quelques temps, une partie de l’équipe du Conseil National du Numérique. Et, oh surprise, dans leur salle de réunion, les murs sont pleins de post-it car ces brillants technophiles s’y sont mis. Alors tous les espoirs sont permis ! Du coup, après avoir fini de rédiger ce post, je m’attaquerai à une missive à l’intention de Manu, notre jeune Président. Je lui proposerai la méthode et mon expertise (le tout gratos, à condition qu’il me pistonne un peu). En attendant, j’aimerai préciser sous vos yeux ébahis les étapes à suivre et comment – chez So-youz par exemple –  nous pourrions nous attaquer à ce problème !

Etape N°1 : Définir le problème.

En France, il y a trop de chômage. Est-ce vraiment un problème ? Le problème n’est-il pas la misère que cet indicateur sous-entend ? Il y a peu j’ai entendu dire que 80% des chômeurs n’ont pas le Bac. Il est donc aussi question d’éducation. De plus, bien indemnisé, tout le monde rêverait d’être (un peu) au chômage. Est-ce un handicap social ? Une perte de crédibilité ? Qui souffre ? Comment ? Pourquoi 300 000 postes ne sont pas pourvus alors que nous avons un chômage record ? Existe-t-il un chômage masqué ? Etc. En définissant le problème, nous nous devrions de poser toutes les questions – même les plus stupides (à choisir dans ma liste précédemment exposée) et celles que personne ne souhaite poser.

Etape N°2 : Rechercher

Pour une fois, réunissons autour d’une table tous ceux qui comptent vraiment (ceux qui « vivent » vraiment le chômage) et les autres (pour leur faire plaisir). A savoir, les chômeurs (toutes provenances et âges confondus)… Et puis, les chefs d’entreprise, les syndicats (quoique – sont-ils vraiment représentatifs de quelque chose ?), le Pôle Emploi, les organisations patronales, les professionnels de l’emploi (DRH, chasseur de tête et autres stratèges), les employés et cadres, les commerçants, les indépendants… Etc. A ce prestigieux board, j’aimerai ajouter quelques ethnologues, sociologues, philosophes… Etc. Pour donner un peu de hauteur. Et posons-nous la question : Comment faire et pourquoi faire ? Le tout en essayant de couvrir un maximum d’angles (l’esprit toujours ouvert).

Etape N°3 : Brainstorming

Toutes les idées sont les bienvenues, soyons créatifs… Nos amis chômeurs ont sans doute beaucoup à nous apprendre et beaucoup à apporter.

Etape N°4 : Prototypage

Cette étape démarre par une sélection des « meilleurs » solutions. Quel que soit le sens du mot meilleur. Il faut modéliser les méthodes, prototyper les devices nécessaires (s’il y en a) … Une session ou plusieurs sessions de Lego Serious Play peuvent être envisagées, histoire de gamifier la démarche (parce que pour l’instant, ça n’est pas très fun). Le but est de valider la faisabilité des solutions trouvées.

Etape N°5 : Sélection

Etape critique, elle ne peut-être que collégiale. Cette sélection finale doit être accompagnée d’un consensus général au-delà de nos orientations politiques, de nos statuts… Mais surtout de nos croyances. Alors, comme il se doit, il nous faudra tous apprendre l’Humilité ou ne pas survivre au chômage. Sommes-nous vraiment prêts pour cette leçon de vie que le Chômage pourrait nous donner ? Donc, pour résumer, à cette étape, il faut choisir.

Etape N°6 : L’implémentation

Il faut répartir les rôles, figer la méthode et les budgets, les moyens de contrôle, les critères d’évaluation. C’est souvent là où ça peut clocher ! Et puis… Go ! Mais bon, à un certain moment, il faut mouiller la chemise.

Etape N°7 : L’apprentissage

Récupérer les différents feedbacks… Evaluer les résultats, définir les pistes d’amélioration ou bien repartir depuis le début, en cas d’échec cuisant. Car le Design thinking envisage l’erreur comme une possibilité contrairement à nos hommes politiques adorés.

Avant de terminer cet article, j’aimerai citer mon amie Elise L. qui évoquait, à la cantine, la P.C.U. (soit la Politique Centrée Utilisateur)  sorte de déclinaison de la C.C.U (inventée, d’après la légende, par le grand Gary M.) et qui conviendrait parfaitement à cette démarche ! Une bonne méthodologie va de paire avec un bon acronyme.

Alors qu’est-ce qu’on attend pour essayer ?

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